Less is more: le sublime dans la simplicité avec ces 4 artistes des terres colorées

ces trois artistes réussissent à créer des oeuvres qui malgré leur complexité technique, paraissent “effortless”. par la maitrise parfaite de leur médium, elles et ils arrivent à ne garder que l’essentiel. un calme  se dégage de leur pièces que je décrirais par une esthétique éthérée, veloutée, avec une dose mesurée d’intensité, qui agit comme ponctuation dans la lecture pour venir créer un rythme dynamique, stimulant. dans le cas de ratbag studios c’est l’utilisation de couleurs acidifiées au travers des couleurs terres de ses laminages, pour thomas hoadley c’est les pans dorés qui semblent se détacher de la forme tellement le contraste est important avec les couleurs riches et profondes des motifs, et pour flowers in the vase c’est dans la mise en scène dramatique de ses oeuvres. ses photos donnent des indices sur le processus créatif pour compléter la lecture des oeuvres comme dans sa série sur le ciel et celle sur la mousson


ratbag studios:

Larissa Warren est une artiste céramiste de de la région du Gold Coast, près de Brisbane en Australie. Elle lie moulage et façonnage pour créer ses pièces si particulières, reconnaissables entre toutes. Elle fait d’abord des blocs de nerikomi en stratifiants plusieurs couches d’argiles colorées et autres matières minérales, et elle en coupe des tranches qu’elle vient appliquer à l’intérieur du moule. Elle coule ensuite de porcelaine pure ou colorée.  Ses pièces  évoquent pour moi des paysages extraterrestres, ou sous-terrains, et c’est particulièrement dans sa matérialité que son travail me séduit; observez de près ses pièces pour apprécier la complexité des textures et des finis… la texture parfaitement lisse et veloutée de la porcelaine qui contraste avec le côté brut des grès et les perlites métalliques qui éruptent des surfaces pour une expérience tactile remarquable.
Saviez-vous qu’avant de commencer à faire de la céramique utilitaire, mon premier amour était le moulage? Quand je vois le travail de Larissa ça me donne vraiment envie de m’y remettre! Je vous invite à la suivre sur Instagram pour aller admirer l’éventail de son travail, et en plus vous y apprendrez plusieurs trucs. Elle partage beaucoup sur ses processus et son côté pédagogue témoigne de son passé d’enseignante en arts visuels. Elle a également écrit cet article pour Ceramic Arts Network qui explique en détails étape par étape son processus. (Vous verrez qu’elle a une manière très différente de la mienne pour colorer l’argile!) 


Oeuvres de Larissa Warren, images tirées du site web de l’artiste, tout droits réservés Ratbag Studios.


Thomas Hoadley vit à Lanesborough, Massachusets. Il a gradué d’un baccalauréat en arts visuels de l’université Amherst, au Massachusets en 1971. Thomas est un technicien incroyable… joindre deux sections de nerikomi de cette manière est extrêmement difficile, alors imaginez une dizaine, voir plus, sur chaque pièce… Autant de chances d’avoir des fissures et des bris. Son language visuel se compose du travail de la ligne de mille et unes façons qui crée un effet de vibrance à ses pièces. Son travail de la couleur est également très caractéristiques; à sa palette très riche composée de rouges, pourpres et bleus, il ajoute du noir et du blanc ainsi que de la feuille d’or pour créer des effets de profondeur en trompe l’oeil. Il se dit inspiré pas le design textile et ses pièces construites comme une courtepointe en témoignent. Son travail est représenté dans de nombreux musées à travers le monde dont le “Museum of Fine Arts”, Boston, Massachusetts, et le “Museum of Modern Ceramic Art”, Tajimi City, Japon.  Vous ne trouverez pas Thomas Hoadley sur les réseaux sociaux mais son travail a été représenté dans de nombreux livres de céramique dont celui-ci et celui-là



Oeuvres de Thomas Hoadley, images tirées du site web de l’artiste, tout droits réservés Thomas Hoadley.


flowers in the vase:
Papitcha Thanasomboon est une jeune artiste céramiste de Bangkok en Thailande et elle travaille la céramique depuis seulement quelques années. (Tout comme moi d’ailleurs) Elle a été formée à la faculté des arts décoratifs à l’université Silpakorn de Bangkok. Elle garde les formes de ses pièces très simples pour laisser toute la place à la couleur et aux motifs. Elle utilise principalement la technique du dégradé pour créer ses pièces qui évoquent des couchers de soleil, les vagues de l’ocean et les stratifications des parois rocheuses. Les pièces présentées ci-bas sont de sa collection “Mémoires de mousson”, elle y explore la lumière particulière de cette saison ou le soleil se couche tôt. Les variations de l’atmosphère est un thème récurent chez elle, car elle avait aussi fait une série de 30 bols pour le “Chiang Mai Design Week 2018” qui chacun représentait les couleurs du ciel entre mi-octobre et mi-novembre.  Vous irez voir comment elle a photographié ses oeuvres pour cette série, spoiler alert: chaque bol était sur un mirroir en piédestal qui reflétait le ciel ainsi que la face extérieure du bol, c’est d’une pure beauté. 




Oeuvres de Papitcha Thanasomboon , images tirées du site web de l’artiste, tout droits réservés Flowers in the Vase.

J’espère que vous avez fait des découvertes et que ça vous inspire! Je vous souhaite une dimanche doux et reposant! 

Bisous  

Marina xx